Simone Veil Par Rob C. Croes / Anefo — Nationaal Archief, CC BY-SA 3.0

Simone Veil (1927-2017)

parJérôme BESNARD

Articles de la revue France Forum

  

Ceux qui ont assisté à la réunion fondatrice de l’UDI, le 21 octobre 2012, se souviendront longtemps de l’ovation que reçut Simone Veil à l’annonce, par Jean-Louis Borloo, qu’elle allait se voir remettre la première carte de la nouvelle confédération centriste et libérale. Proche du CDS, apparentée UDF, Simone Veil était rétive aux adhésions partisanes. C’est dire l’importance de ce parrainage et la fidélité historique au centrisme de l’ancienne ministre, électrice de Jean Lecanuet en 1965 avant de devenir l’un des membres les plus importants des gouvernements de la présidence de Valéry Giscard d'Estaing entre 1974 et 1979.

Issue d’une famille juive de Lorraine, victime de l’holocauste, Simone Veil entreprit, au lendemain de la guerre, des études de droit qui la conduisirent à intégrer la magistrature. Son statut de haut-fonctionnaire et les réseaux politiques de son mari, Antoine Veil, militant du Centre démocratie et progrès (CDP) de Joseph Fontanet, la propulsent au poste de ministre de la Santé après la victoire de Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Celui-ci souhaite ardemment dépénaliser l’avortement en France. Devant la prudence du garde des Sceaux, Jean Lecanuet, inquiet pour l’unité de sa famille politique, Simone Veil accepte de porter ce dossier devant le Parlement dans un climat très tendu. elle le conçoit non comme un droit, mais comme une avancée humanitaire répondant à la tragédie des avortements clandestins : « Personne n’a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l’avortement soit un échec quand il n’est pas un drame. » Après celui des libertés individuelles des femmes, l’autre combat central de la vie politique de Simone Veil fut celui de l’Europe. Valéry Giscard d’Estaing l’envoie, dès 1979, lors des premières élections des députés au Parlement européen au suffrage universel, porter les couleurs de l’UDF comme tête de liste. Le succès est au rendez-vous (27,61 % des voix) et elle devient ainsi présidente du Parlement européen, situé à Strasbourg, pour trois ans. Elle siégera dans cette institution jusqu’en 1993, date de son retour au gouvernement, appelée au ministère des Affaires sociales par Édouard Balladur. 

Devenue l’une des personnalités préférées des Français, Simone Veil reçoit les principaux honneurs des institutions de la République : nomination au Conseil constitutionnel, élection à l’Académie française, élévation à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur. L’émotion suscitée par l’annonce de sa mort, le 30 juin 2017, à la veille de ses 90 ans, a conduit Emmanuel Macron à décider du prochain transfert de ses cendres au Panthéon où elle reposera au côté de son mari.

Libérale, humaniste, très attachée aux valeurs familiales, Simone Veil restera, avec Valéry Giscard d’Estaing et Jean Lecanuet, l’une des principales figures historiques du centre droit de la seconde partie du XXe siècle. 

 

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