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Une ceinture, une route et nous

parMichel FOUCHER, ancien ambassadeur, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales de la Fondation de la maison des sciences de l’Homme

Articles de la revue France Forum

Derrière le mythe de Marco Polo, l’invasion des produits chinois en Europe. 

Le 20 novembre 2017, un premier train-bloc de quarante et un conteneurs et six cent trente mille produits est arrivé de Wuhan (Chine centrale) au terminal 3 de Decathlon, à Dourges (Pas-de-Calais), après un voyage de 10 800 km, soit dix-neuf jours, qui aurait été de quarante et un jours par voie maritime. En 2018, est prévu un train par mois, puis un par semaine en 20191. Cette nouvelle liaison, qui complète celle reliant, depuis 2017, Lyon à Wuhan via Duisbourg, peut conforter les plates-formes logistiques multimodales qui sont un atout des Hauts-de-France dans l’espace européen et à l’échelle de l’Eurasie. À l’inverse, si la grande distribution ne vend plus que des produits importés, la refondation industrielle dont la France a tant besoin pour enrayer son recul sur les marchés mondiaux est gravement compromise.

Telle est la problématique de ce grand projet continental et maritime lancé par le président Xi Jinping à Astana, le 7 septembre 2013. S’il est aisé d’en mesurer l’intérêt pour son initiateur chinois – ouvrir des marchés –, on en sous-estime encore les risques pour les pays destinataires dans l’incapacité d’établir une réciprocité et, concrètement, de remplir les conteneurs dans le sens du retour vers l’est. En même temps, il est indispensable...

 


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1. Voir de l’auteur, Lille Métropole en Europe et dans le monde, CNRS Éditions, 2018 ; et « L’Euro-Asie selon Pékin », Politique étrangère, 1/2017, printemps 2017. 

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