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Le canal de Nicaragua, marqueur de la rivalité États-Unis-chine

parFrançois VIDAL-CASTEL, directeur adjoint du programme Géopolitique des Amériques de l'institut Open Diplomacy et responsable grands comptes « service financier » dans une société de conseil

Articles de la revue France Forum

L'Amérique centrale, trait d'union des mondes.

Simón Bolívar, père des indépendances en Amérique du Sud, écrivait dans sa Lettre de Jamaïque, en 1815 : « [La] magnifique position géographique [des pays d’Amérique centrale] entre les deux grandes mers pourra être avec le temps le haut lieu de l’univers. Ses canaux raccourciront les distances du monde ; ils resserreront les liens commerciaux de l’Europe, l’Amérique et l’Asie. »

Cette prévision était juste puisqu’au XIXe siècle les États-Unis ont étudié de près l’idée de creuser un canal interocéanique entre l’océan Pacifique et la mer des Caraïbes afin d’assurer un flux commercial rapide, sûr et peu onéreux entre leurs côtes est et ouest. Plusieurs options ont été étudiées, parmi lesquelles celle d’un passage par le Nicaragua et celle d’un passage par l’isthme du Panama. C’est cette dernière qui fut retenue, parce qu’en adéquation avec le proverbe local selon lequel « Dieu est panaméen », le pays étant protégé des désastres naturels – ouragans et séismes – qui frappent régulièrement les autres régions d’Amérique centrale. Le canal a été sous contrôle direct des États-Unis de 1914 à 2000 et est considéré comme une route stratégique par le pays. Une domination jugée par l’opinion...

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