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Nouvelles routes de la soie, nouvel ordre mondial ?

parRaymond WOESSNER, professeur honoraire de géographie de Sorbonne Universités

Articles de la revue France Forum

La France, aux marges de l'empire ferroviaire et portuaire.

Le 8 janvier 2018, le président français, Emmanuel Macron, entamait sa première visite en Chine dans la ville de Xi’an, point de départ de l’ancienne route de la soie. Le président français souhaitait que l’Europe prenne sa part dans le projet du président chinois Xi Jinping de créer les « nouvelles routes de la soie » en construisant des routes, ports, oléoducs et gazoducs, lignes de chemin de fer et parcs industriels dans soixante-cinq pays, pour plus de 1 000 milliards de dollars. Outre la maîtrise du changement climatique, s’agit-il là du défi majeur du XXIe siècle ?

Dès l’antiquité, pierres précieuses, porcelaine, épices et soie formaient une bonne part du trafic de la route de la soie, les commerçants arabes assurant l’interface entre l’immense Chine et l’Occident. Durant des siècles, des villes-emporium comme Palmyre ont connu la prospérité, sinon la gloire ; on y a vu le meilleur du commerce, mais aussi le pire avec la « mort noire », c’est-à-dire la peste. À partir du XIXe siècle, le système a été démembré par le commerce maritime et par le colonialisme.

Tout transport international porte en lui une dimension géopolitique. Cela a été le cas du canal de Suez, devenu un maillon essentiel de la route des Indes ; du canal de Panama qui a permis aux États-Unis de créer leur...

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