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La bonne échelle entre la nation et l’Europe

parYannick MIREUR, politologue, Benoît POUGET, maître de conférences à Aix-Marseille Université

Articles de la revue France Forum

Une République européenne devenue indispensable.

La pandémie de Sras-CoV-2 ou Covid-19 a réimposé le cadre national comme l’échelle prioritaire de décision et d’action. Ce n’est pas l’urgence de l’épidémie et ses enjeux médicaux et sanitaires qui ont provoqué cette rupture, où les cadres multilatéraux habituels de l’action sanitaire, humanitaire et sécuritaire ont été relégués au second plan. En mettant sous tension le système-pays qu’est la France, la Covid-19 a agi comme un révélateur – plus qu’un catalyseur – de transformations géopolitiques amorcées il y a vingt-cinq ans, qui expliquent son manque de réactivité et ses carences d’organisation (défaillance à protéger massivement, absence de stocks stratégiques de matériel médical, etc.).

L’Occident voit se refermer le piège qu’il a construit en oubliant le temps long de l’Histoire, pensant dominer en poussant les gaz de la division internationale du travail, puis d’une mondilisation tout azimut. Ironie de l’histoire, il a dévissé parce qu’il n’a plus la capacité de produire des masques et des respirateurs low-tech dont il a assuré, lui-même, la délocalisation de la production.

L’Union européenne (UE) a mal joué cette partie. Elle pourrait être la grande perdante de la crise sanitaire...

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