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Italie et Royaume-Uni : des liens très forts

parFrancesco GUALDI, chercheur et enseignant à la London School of economics (Royaume-uni)

Articles de la revue France Forum

La bannière commune du multilatéralisme.

Si cela ne tenait qu’aux Italiens, Brexit ou non, Covid ou non, les relations avec le Royaume-uni deviendraient de plus en plus fortes. Une enquête réalisée par l’institut de sondage SWG pour l’ambassade britannique de Rome a montré, en septembre 2020, qu’au moins un Italien sur deux connaissait des compatriotes vivant outre-Manche. Et ce n’est pas étonnant : le Royaume-uni compte au moins 700 000 Italiens, un nombre qui n’a cessé de croître au fil des ans. Les Britanniques, pour leur part, continuent d’entretenir une relation privilégiée avec l’Italie : ainsi, en 2017, Theresa May, alors Première Ministre, a choisi Florence pour son fameux discours sur le Brexit – choix non fortuit.

Quatre ans plus tard, le Brexit est devenu réalité et l’Italie et le Royaume-uni sont appelés à repenser leur relation. Si les affinités électives entre les peuples sont une chose, les intérêts et les choix stratégiques des gouvernements en sont une autre.

Londres a quitté l’union européenne (UE), s’est attaquée avec succès à la campagne de vaccination contre la Covid-19 et souhaite mettre le cap sur le monde. Le gouvernement de Boris Johnson a bien l’intention de prouver que le pari du Brexit était le bon et, pour cela, veut retrouver un rôle mondial dans un scénario multilatéral. Le pari de Londres repose sur la relance d’un soft power britannique grâce à un réseau dense d’accords bilatéraux avec les pays alliés et partenaires, comme le souligne la récente Integrated Review sur le rôle stratégique du Royaume-uni dans le monde.

L’Italie, en revanche, a recommencé à lier son destin à celui de l’union européenne. Sous le gouvernement de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, Rome s’était éloignée de Bruxelles pour se rapprocher des pays les plus eurosceptiques –  comme la Pologne et la Hongrie  – et de la Russie et de la Chine. C’était l’époque de l’admiration de Matteo Salvini pour Boris Johnson et son modèle du Brexit. Deux ans plus tard, l’Italie a renforcé ses liens avec l’UE, renoué les fils du dialogue avec ses alliés traditionnels comme la France et l’Allemagne et renouvelé sa crédibilité grâce à l’arrivée de Mario Draghi. Aujourd’hui, au crépuscule de l’ère Merkel, l’Italie a découvert une nouvelle centralité européenne, fondée sur une bonne entente...

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