Crédit - US Army

Le futur numérique de l’industrie de défense

parJérôme PASINETTI, directeur du marché défense France du groupe Atos

Articles de la revue France Forum

Qui tient le numérique, tient peut-être la victoire militaire.

L'industrie de défense, en France ou dans le monde, sera numérique ou ne sera pas… » Cette affirmation n’est en aucun cas une provocation tant elle décrit un futur certain. Aujourd’hui, l’industrie de défense, en France et dans le monde, reste profondément marquée par des logiques de milieu. La base industrielle et technologique de défense (BITD) s’appuie, en effet, sur des champions nationaux qui se sont construits, depuis des décennies, sur une commande publique secondée par des commandes à l’export. Sur les mers règne Naval Group, dans les airs Dassault et sur terre Nexter. Bien entendu, ont été conservés des opérateurs économiques apportant une expertise reconnue dans certaines niches ou permettant de renforcer une intensité concurrentielle dans des marchés à tendance monopolistique. De nouveau, sur les mers règnent CNIM ou CNM, Arquus dans les blindés et encore Airbus Military Aircrafts dans un cadre pan-européen. Toutes ces sociétés reposent sur un ADN et une logique industrielle de plate-formiste : un bateau qui navigue bien à la mer, un avion qui vole bien ou un engin blindé manœuvrier. Pour autant, depuis les années 1980 et la fameuse « Revolution in military Affairs », l’ensemble de l’industrie a pris la mesure de l’importance fondamentale du numérique dans la chose militaire. Les électroniciens comme Thalès ont alors apporté la première brique du numérique de défense via des programmes radio1 ou des radars de plus en plus performants, des capacités de télécommunication satellitaire ou encore de guerre électronique.

Mais, au fond, pourquoi intégrer une dose de plus en plus significative de...

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